Numéro 3 · Volume II · 2e année
Juin 2018
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Sommaire
- p. 1–18
Facteurs entravant la disponibilité de l’eau dans la commune de Tanguiéta au Bénin
Université d’Abomey-Calavi
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L’approvisionnement en eau est sujet, aujourd’hui encore, à d’énormes difficultés. Les populations de la commune de Tanguiéta continuent de souffrir du manque d’eau potable à ce XXIème siècle. Le taux de desserte dans cette région du Bénin est de 49,3%. Afin d’analyser les facteurs entravant la disponibilité de l’eau à Tanguiéta, les données sur les caractéristiques hydrogéologiques, pédologiques et climatiques de cette région ont été collectées suivant une approche méthodologique articulée autour des points suivants : recherche documentaire, enquêtes de terrain et observations. Les résultats montrent que 259 Equivalents Points d’Eau (EPE) sont équipés à Tanguiéta, 150 localités sont dépourvues d’infrastructures hydrauliques et 33,33% de ces EPE ne fonctionnent pas. Tanguiéta est caractérisée par des formations géologiques constituées des roches métamorphiques qui ne favorisent pas l’infiltration de l’eau. Les forages sont productifs pour un seuil de débit de 0,7 m3/h dans 30 % des cas dans les quartiers, les niveaux statiques se situent fréquemment entre 10 et 25 m. L’analyse de la variabilité hydro-climatique sur la période 1965-2010 montre une évolution à la baisse de la pluviosité pendant les années 1965 à 1980 avec une reprise des pluies à partir de 1995 à 2010.
Facteursdisponibilité eauTanguiétaBénin - p. 19–33
Dynamique foncière et occupation des berges des rivières à Pointe-Noire (Congo)
Université Marien Ngouabi
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Cet article présente une partie des résultats d’une étude réalisée à Pointe-Noire d’août à Novembre 2015. L’objectif est de contribuer à une meilleure connaissance des effets de la mauvaise gestion foncière dans la ville de Pointe-Noire. 210 chefs de ménages occupant des emprises des cours d’eau, initialement réservées au maraîchage, ont été enquêtés. Un questionnaire leur était soumis, complété par quelques interviews, une recherche documentaire et par une cartographie des sites. Les résultats montrent que l’occupation des berges s’est faite par vagues successives. Cette occupation est le fait de plusieurs facteurs, dont l’accroissement démographique, une gestion foncière non maîtrisée et la crise du logement. Les occupants des berges sont des anciens maraichers et leurs descendants (29%), mais surtout des ménages sans liens avec les anciens maraichers. Près de 73% des occupants sont propriétaires de leur parcelle. L’analyse physique de ces zones montre une transformation progressive du paysage jadis agricole en zones d’habitations. Cette recomposition spatiale constitue une menace forte sur l’environnement et cause de nombreux dégâts humains et matériels. Face à la croissance urbaine impressionnante, il est impérieux de prendre des mesures visant à réguler le marché foncier et le respect des textes et règlements en la matière.
Dynamique foncièreoccupation des bergesPointe-NoireCongo - p. 34–50
Dynamique d’occupation des terres dans le département de l’Alibori de 1990 à 2015
Université d’Abomey-Calavi, Université de Parakou
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Le fort taux démographique enregistré au cours des dernières décennies a occasionné un bouleversement dans les conditions existentielles des populations. La dégradation du couvert végétal due au boom démographique est une situation très préoccupante dans le département de l’Alibori. Cette recherche étudie la dynamique d’occupation des terres en lien avec l’évolution démographique de 1990 à 2015 dans le secteur d’étude. Les techniques de la télédétection satellitale, notamment l’interprétation et la classification des images Landsat TM de 1990, ETM+ de 2005 et OLI-TIRS de 2015 ont permis d’analyser les changements intervenus entre ces trois dates. La matrice de transition a été réalisée à l’aide de la fonction Intersect du logiciel ArcGIS 10.1. qui a permis d’apprécier les taux de conversion des changements des unités d’occupation des terres. Ainsi, les superficies des forêts galeries et des forêts claires et savanes boisées ont connu une régression. Leurs superficies sont respectivement passées de 3,26 % à 2,91 % entre 1990 et 2005 et ensuite à 1,88 % en 2015. Les forêts claires et savanes boisées sont passées respectivement de 25,59 % à 18,60 % et ensuite à 3.32. Dans les mêmes périodes, les mosaïques de champs et jachères ont connu une augmentation de leur superficie qui est passée de 15,10 % en 1990 à 23,84 % en 2005 et 30,60 % en 2015. De façon générale, les formations forestières ont régressé au profit des formations savanicoles et anthropique.
Evolution démographiquedynamique du couvert végétalAlibori - p. 51–64
Variabilité pluviométrique dans l’espace RCA et le nord de la République du Congo de 1950 à 2010
Université Marien Ngouabi
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L’objectif de cette étude est de mettre en évidence les grandes structures spatiales des précipitations et de dégager leur tendance. Au total 16 stations ont été retenues pour cette étude, dont 14 en République centrafricaine (RCA) et deux en République du Congo (RC). Ces stations présentent des données observées au pas de temps mensuel sur la période allant de 1950 à 2010. L’analyse en composante principale couplée avec la classification hiérarchique ascendante a permis de répartir les stations de cet espace drainé par la rivière Oubangui en deux grandes structures ayant en commun un régime bimodal. Les valeurs centrées réduites associées à la droite de la régression linéaire montrent que les précipitations enregistrent une baisse aussi bien à l’échelle interannuelle que décennale. Les tests de Pettitt et de Lee Heghinian appliqués sur les différentes séries ont détecté les ruptures en 1966 pour la CP1 et en 1970 pour la CP2. Cette tendance à la baisse des précipitations n’est pas conséquente sur l’évolution des écoulements du fleuve Oubangui.
République du CongoRCAprécipitationrégimestendances - p. 65–80
Dynamique spatiale urbaine et pratique des activités rurales dans les périphéries de Lomé
Université de Lomé
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L’étude est une contribution à la compréhension des dynamiques et des mutations sociétales et foncières qui se produisent dans les zones rurales proches de la ville de Lomé. Il décrit l’évolution des superficies occupées par la ville suivant des époques et analyse les causes et les effets induits sur les milieux ruraux périurbains. A travers une méthodologie basée sur l’observation directe, la revue documentaire et cartographique et la collecte des données primaires au moyen du questionnaire, l’étude révèle que la croissance démographique et l’importance des activités économiques sont à l’origine de la dynamique urbaine. L’extension spatiale est essentiellement due à la demande sans cesse croissante de logements et à une gestion foncière libérale qui entrainent la déstructuration des terroirs ruraux périurbains. L’extension spatiale entraine la disparition des terres de culture et impacte la production des denrées agricoles. On assiste à un éloignement des circuits d’approvisionnement de la ville en produits vivriers qui se ressent à travers la flambée des prix des céréales dans l’espace étudié.
Lomédynamique spatialelogementterre agricoleflambée des prix - p. 81–91
Croissance urbaine et développement de l’horticulture intra et périurbaine à Brazzaville
Université Marien Ngouabi
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L’horticulture, particulièrement le maraîchage, a été introduite à Brazzaville par les colonisateurs pour satisfaire leurs besoins en légumes de type européen (choux, carottes, tomates, concombres, courgettes…). Pendant que les Européens entretenaient les potagers privés, les Congolais produisaient les légumes dits de type local (oseille de Guinée, morelles, feuilles de manioc, etc.) sur des espaces agricoles. Progressivement, les Brazzavillois ont transférer les légumes destinées aux blancs vers les sites maraîchers et les ont intégré dans leur alimentation. Outre le maraîchage, la floriculture et l’arboriculture se sont développées sous l’effet de la demande exprimée par les citadins. Quel est l’impact de la croissance urbaine sur le développement de l’horticulture ? L’article vise à caractériser la croissance urbaine et ses impacts sur le développement de l’horticulture intra et périurbaine à Brazzaville. Il présente des résultats d’une étude menée de 2012 à 2017 auprès de 437 horticulteurs (378 maraîchers, 20 arboriculteurs et 39 fleuristes) et de 461 commerçants (290 vendeurs de légumes, 161 vendeurs de fruits et 10 vendeurs de fleurs et plantes ornementales), soit 1/10e des acteurs identifiés. Les résultats de l’étude montrent l’évolution progressive de la population et du tissu urbain. Cette évolution démographique et spatiale, visible à travers la construction des infrastructures sociales et économiques, a de lourdes conséquences sur le développement des activités horticoles. Les sites de production régressent ou disparaissent du tissu urbain. Ceux qui se maintiennent n’ont aucune possibilité d’extension. Ils sont installés à la périphérie urbaine, convoitée tant par les citadins que par les ruraux.
croissance urbainehorticulturefoncierBrazzavilleRépublique du Congo - p. 92–106
Croissance urbaine et implantation d’écoles du préscolaire à Brazzaville (République du Congo)
Université Marien Ngouabi
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Brazzaville, capitale de la République du Congo, se caractérise par une croissance démographique et spatiale rapide. Cette croissance ne s’accompagne pas du développement des infrastructures sociales parmi lesquelles celles à caractère éducatif. L’étude vise à analyser la relation entre la croissance urbaine et l’implantation d’écoles du préscolaire. Le rythme d’implantation d’écoles suit-elle celui de la croissance urbaine ? L’article présente une partie des résultats de l’étude menée de septembre 2012 à juin 2016. Ces résultats sont issus des recherches documentaires qui ont permis de retracer l’historique de l’évolution de la population et de l’espace urbain, et des enquêtes de terrain. Ces enquêtes ont eu lieu dans 372 structures éducatives tant publiques que privées. Elles ont été réalisées auprès de 417 personnes (132 élèves, 90 enseignants, 45 personnels d’encadrement, 50 administrateurs et 100 parents d’élèves choisis de manière aléatoire dans tous les arrondissements de la ville). Les résultats de l’étude mettent en évidence l’inégale répartition des structures éducatives due à l’absence de planification de l’offre éducative. Dans le préscolaire dont l’importance dans le cursus de la formation des élèves n’est plus à démontrer, l’Etat dispose de 27 écoles maternelles, insuffisantes pour accueillir les 45551 enfants de 3 à 5 ans en âge d’être solarisés scolarisés en 2012. Les défaillances de l’Etat sont comblées par le privé qui scolarise 67 % de ces élèves. Les objectifs de « l’éducation pour tous » ou de la « formation de qualité pour tous » ne sont pas atteints, car bon nombre d’enfants n’ont pas accès à l’éducation du fait que l’implantation de structures éducatives ne se fait pas au rythme de la croissance urbaine.
croissance urbaineimplantationécolespréscolaireBrazzavilleRépublique du Congo - p. 107–126
L’organisation territoriale et fonctionnelle des services de santé au Congo : permanences et ruptures
Université Marien Ngouabi
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L’efficacité des services de santé ne peut être dissociée du contexte dans lequel ces services se déploient. Au nombre des éléments constitutifs de ce « contexte », figure l’organisation territoriale et fonctionnelle. L’étude vise à analyser l’évolution de cette organisation au Congo. Différentes sources d’informations ont été utilisées (documents déjà publiés, entretiens avec des personnes ressources…). Les informations recueillies sont analysées dans une perspective historique permettant de saisir les permanences et les ruptures de l’organisation des services de santé. Trois périodes marquent son évolution. La première part de la colonisation jusqu’au début des années 1970. L’organisation sanitaire se caractérise par une continuité du modèle colonial. La deuxième s’ouvre avec les années 1970. Elle est marquée par une uniformisation de la base territoriale des services de santé curatifs et préventifs. La réorganisation fonctionnelle et territoriale depuis les années 1990, qui caractérise la troisième période, est fondée sur trois principes censés rompre avec les périodes précédentes : intégration des soins, simplification de la hiérarchie sanitaire et recouvrement des coûts. Cette réorganisation ne tient cependant pas assez compte des spécificités territoriales. Un champ de recherche est ainsi ouvert à la géographie.
Congoservices de santéorganisation territoriale et fonctionnelle
Citer ce numéro
Baluki, Revue de Sciences géographiques, d’environnement et d’aménagement, n°3, vol. II, juin 2018, LAGEA, Université Marien Ngouabi, Brazzaville.
